| |
|
Acerca de Florian:
Jean-Pierre Claris de Florian nació en 1755, en el castillo de Florian
(Languedoc, actual Francia) cerca de Ahorra.
Fue el sobrino de Voltaire quien le hizo leer a
los diez años, las fábulas de La Fontaine. Tuvo una juventud feliz e
inteligente, animada por Voltaire, y escribió para el teatro
Arlequinades, en 1784, comedias inspiradas del teatro italiano;
"Estela" y "Némorin", novelas pastorales en prosa y
verso; “Los dos billetes” (1782), "Juanito y Coleta o El pleito
del Marquesado", "Guillermo Tell o la libertad de Suiza",
y las Fábulas, famosas en 1792.
Escritor fecundo y sentimental, considerado
fabulista, "chansonnier", novelista y autor dramático, fue
elegido miembro de la academia francesa en 1788.
Se mezcló con el movimiento revolucionario y
fue detenido cómo sospechoso. Escapó de la guillotina en el momento de
la caída de Robespierre, para fallecer poco tiempo después, en 1794,
en Sceaux.
 |
| *
Ilustración de Benjamin Rabier (1864-1939) de las Fábulas
(Les deux chats) de Claris de Florian |
.
.
| .. |
| Le
Chat et le Mirroir |
| . |
"Philosophes
hardis qui passez votre vie
À vouloir expliquer ce qu'on n'explique pas,
Daignez écouter, je vous prie,
Ce trait du plus sage des chats.
Sur une table de toilette,
Le chat aperçut un miroir.
Il y saute, regarde et d'abord pense voir
Un de ses frères qui le guette.
Notre chat veut le joindre, il se trouve arrêté
Et passe de l'autre côté,
Ne trouve rien, revient et le chat se présente ;
Il réfléchit un peu de peur que l'animal,
Tandis qu'il fait le tour, ne sorte.
Sur le haut du miroir, il se met à cheval,
Deux pattes par ici, deux pattes par là ; de la sorte,
Partout il pourra le saisir, |
Alors,
croyant bien le tenir,
Doucement vers la place il incline la tête,
Aperçoit une oreille, puis deux ; à l'instant,
A droite, à gauche, il va jetant
Sa griffe qu'il tient toute prête,
Mais il perd l'équilibre, il tombe et n'a rien pris.
Alors, sans davantage attendre,
Sans chercher plus longtemps
Ce qu'il ne peut comprendre,
Il laisse le miroir et retourne aux souris. |
| . |
|
| Les
Deux Chats |
| . |
Deux
chats qui descendaient du fameux Rodilard,
Et dignes tous les deux de leur noble origine,
Différaient d'embonpoint : l'un était gras à lard,
C'était l'aîné ; sous son hermine,
D'un chanoine il avait la mine,
Tant il était dodu, potelé, frais et beau.
Le cadet n'avait que la peau
Collée à sa tranchante épine.
Cependant, ce cadet, du matin jusqu'au soir,
De la cave à la gouttière
Trottait, courait, il fallait voir,
Sans en faire meilleure chère.
Enfin, un jour, au désespoir,
Il tint ce discours à son frère :
Explique-moi par quel moyen,
Passant ta vie à ne rien faire,
Moi travaillant toujours, on te nourrit si bien,
Et moi si mal. - La chose est claire,
Lui répondit l'aîné : tu cours tout le logis
Pour manger rarement quelque maigre souris.
- N'est-ce pas mon devoir ? - D'accord ; cela peut être
Mais moi je reste auprès du maître,
Je sais l'amuser par mes tours ;
Admis à ses repas, sans qu'il me réprimande,
Je prends de bons morceaux, et puis je les demande
En faisant patte de velours,
Tandis que toi, pauvre imbécile,
Tu ne sais rien que le servir.
Va, le secret de réussir
C'est d' être adroit, non d'être utile. |
| . |
|
| . |
| Le
Chien et le Chat |
| . |
Un
chien vendu par son maître
Brisa sa chaîne, et revint
Au logis qui le vit naître.
Jugez de ce qu'il devint
Lorsque, pour le prix de son zèle,
Il fut de cette maison
Reconduit à coups de bâton
Vers sa demeure nouvelle.
Un vieux chat, son compagnon,
Voyant sa surprise extrême,
En passant lui dit ce mot :
Tu
croyais donc, pauvre sot,
Que
c'est pour nous qu'on nous aime ? |
| |
| |
|
| . |
. |
.
|