JEAN ANOUILH (1910-1987)
Bordeaux (Francia).


Acerca de Jean Anouilh:

 

     Dramaturgo francés contemporáneo. Es, juntamente con Giraudoux y con los directores teatrales del Cartel, uno de los artífices del extraordinario renacimiento teatral que Francia ha conocido en el periodo comprendido entre las dos guerras mundiales.

     Nacido en Burdeos el 23 junio 1910, después de estudios truncados de Derecho y de un fugaz empleo en una agencia de publicidad (dos años, con Jacques Prévert), se hace secretario del actor y director Luis Jouvet, acontecimiento que decidirá definitivamente su vocación dramática.

 

     En 1932 estrena su primera obra, L'Hermine (El Armiño), pero ya desde los 19 años sus intentos teatrales habían dado nacimiento a la serie de sainetes de Humulus, de los que conocemos Humulus le muet (Humulus el mudo), donde se aprecia claramente el sentido de su inspiración y estilo: un adolescente que no puede pronunciar más que una palabra al día, va haciendo acopio de ellas con el objeto, no de cumplimentar a su abuela, la vieja duquesa, sino de dar las gracias a los criados o de esbozar tímidamente su primera declaración amorosa.

     Esta trayectoria de menosprecio y burla de determinadas conveniencias sociales la va a seguir Anouilh en el resto de su fecunda producción dramática, que él mismo ha dividido en Piéces Noires (piezas negras): El armiño (1932), Le Voyageur sans Bagage (El viajero sin equipaje), 1937; La Sauvage (La salvaje), 1938; Eurydice (Eurídice), 1942; Antigone; (Antígona), 1944; Médée (Medea), 1953. Piéces Roses (piezas rosas): Le Bal des Voleurs (El baile de los ladrones), 1938; Léocadia (Leocadia), 1939; Le Rendez-vous de Senlis (La cita en Senlis), 1941. Piéces Brillants (piezas brillantes): L'Invitation au Cháteau (La invitación al castillo), 1947; La Répétition oú l'Ainour puni (El ensayo o el amor castigado), 1950; Colombe (1951); y Piéces grincantes (Piezas chirriantes): Ardéle ou la-Marguerite (Ardele o la margarita), 1948; Ornifle ou le courant d'air (Ornifle o la corriente de aire), 1955; etc.

     En realidad, esta clasificación es un tanto arbitraria aunque responde un poco a la diversa dosificación que de lo negro, rosa, brillante y chirriante, Anouilh introduce siempre, con inigualable maestría, en todas y cada una de sus obras. Su temática y su universo dramático son de los más coherentes y constantes del teatro actual y pueden resumiese así: es necesario rehusar la felicidad si hay que pagarla al precio de concesiones a la hipocresía y a la mediocridad del ambiente social y familiar.

     En la lucha entre el mundo de los puros y el de los corrompidos, los primeros están representados en la mayoría de los casos por jóvenes exigentes e intransigentes que se rebelan ante una galería anouilhiana -siempre repetida- de padres tiránicos y parásitos, de hombres de poder, o de representantes de la fauna trivial de salones encopetados, de ambientes de teatro o de orquestas de café provinciano... De un modo u otro todos ellos repiten, en nombre de sus propios principios de autenticidad, la frase de Antígona: «Je suis la pour dire non».

© Francisco I. Hernández

 

FABLES: Le chat bourgeois (1962):

 
..
 
 

Avertissement hypocrite

     Ces fables ne sont que le plaisir d’un été. Je voudrais qu’on les lise aussi vite et aussi facilement que je les ai faites et, si l’on y prend un peu de plaisir — ajouté au mien — il justifiera amplement cette entreprise futile. Il y a tant de gens dont c’est le gagne-pain de penser, de nos jours, que ce petit livre refermé et oublié, les occasions d’être profond ne vous manqueront certainement pas. 

Jean Anouilh, septembre 1961
 
 
 
Le chat bourgeois
Un chat tuait sans vrai désir.
C'était un chat très riche et il n'avait pas faim
Il faut bien se distraire enfin:
Chat bourgeois a tant de loisirs....
On ne peut pas toujours dormir sur un coussin.
De souris, il ne mangeait guère;
Son pedigree fameux l’ayant mis au dessus
Des nourritures du vulgaire.
Son régime était strict. Cet immeuble cossu,
En outre visité, à des dates périodiques,
Par les services de la dératisation,
Gens aux procédés scientifiques,
Tuant sans joie ni passion,
Au nom de I’administration,
De rat, de vrai bon rat, qui fuit et qu’on rattrape
Négligemment, ne le tuant qu’à petits coups
Sans tuer son espoir - vrai plaisir de satrape -
Il n'y en avait plus du tout
Avec leurs poisons et leurs trappes.
Restaient quelques moineaux bêtes et citadins,
Race ingrate
Qu’on étendait d'un coup de patte:
Assez misérable fretin.
 
Oubliant les rats,
L’employé du service d'hygiène ne vint pas.
On l'avait convoqué
Sur une autre frontière.
Pour tuer cette fois des hommes. Et la guerre,
Approchant à grands pas des quartiers éIégants,
Les maîtres de mon chat durent fuir sans leurs gants,
En un quart d'heure, sur les routes incertaines.
Dans l'impérieux souci de sauver leur bedaine
Ils oublièrent tout, les bonnes et le chat.
Les bonnes changèrent d'état.
Loin de Madame, violées par des militaires,
Elles si réservées, elles se révélèrent
Putains de beaucoup de talent.
Leur train de vie devint tout à coup opulent
Et elles prirent une bonne.
 
Après un temps de désarroi,
Le chat, devenu chat, comprit qu’il était roi;
Que la faim est divine et que la lutte est bonne.
D'un oeil blanc, d'une oreille arrachée aux combats
Dont il sorti vainqueur contre les autres chats,
Il paya ses amours royales sous la lune.
Sans régime et sans soin, ne mangeant que du rat
Il perdit son poil angora
Qui ne tenait qu’à sa fortune
Et auquel il ne tenait pas;
Il y gagna la mine altière
Et I’orgueil des chats de gouttière,
Et bénit à jamais la guerre
Qui offre aux chats maigris des chattes et des rats.
 
Jamais ce que l'on vous donne
Ne vaudra ce que l'on prend
Avec sa griffe et sa dent.
La vie ne donne à personne.
 
 
 
 

.
 

 

.

 


INICIO FELINIA      E-MAIL      INICIO LITERATURA FELINA      MENÚ GENERAL  

.